Les foyers ruraux appellent à la résistance communiqué de presse de la FNFR
Par Alain Zarow, vendredi 12 décembre 2008 à 19:49 :: Général :: #329 :: rss
Réunis en Assemblée générale exceptionnelle le 6 décembre 2008, 180 représentants des 70 fédérations départementales de la Confédération nationale des foyers ruraux et associations de développement et d’animation du milieu rural (FNFR) ont pris acte, au nom de ses 2800 associations adhérentes, du désengagement total du ministère de l’Agriculture dans le financement des réseaux associatifs non agricoles contribuant à l’animation des territoires ruraux.
Ce choix met fin à un partenariat qui durait depuis 1946. Au sortir de la guerre, la mise en place de la Fédération nationale des Foyers ruraux répondait à deux objectifs essentiels. Il s’agissait d’abord de contribuer, grâce à l’action éducative d’associations d’éducation populaire, à l’émancipation des citoyens ruraux afin que plus jamais les discours et les pratiques totalitaires ne soient tolérés. Il s’agissait ensuite, de recréer du lien social dans un monde rural dévasté par la guerre et d’y favoriser l’épanouissement des populations en favorisant la diffusion de la culture, en multipliant les actions jeunesse ou en développant la formation permanente.
Pendant 62 ans, les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, n’ont jamais renié cet héritage, faisant du ministère de l’Agriculture l’instrument d’une politique ambitieuse et souvent innovante d’animation des territoires ruraux.
Avec la Réforme Générale des Politiques Publiques initiée par le gouvernement, et l’adoption pour 2009 du budget de l’Etat français, la rupture est brutale.
Désormais, les habitants du monde rural doivent prendre conscience qu’aucun ministère ne s’occupe plus des « affaires rurales » non agricoles. Le monde rural n’est plus considéré comme un tout indissociable dont chaque élément est indispensable à sa vitalité.
Les représentants de la FNFR regrettent profondément ces choix contraires à l’intérêt général.
Les conséquences des choix financiers et politiques laisseront des traces dans notre mouvement : la suppression de la ligne financière « animation rurale », la suppression des postes FONJEP du ministère de l’agriculture (47 postes au sein du mouvement) vont considérablement fragiliser nos « têtes de réseaux » nationales et départementales, remettant en question de nombreuses actions et obligeant les administrateurs bénévoles du mouvement à licencier certains de leurs précieux collaborateurs.
Les délégués de la FNFR ont cependant choisi d’entrer en résistance. Plus que jamais, ils croient aux vertus de l’éducation populaire et à ses valeurs : solidarité, fraternité, égalité, laïcité, citoyenneté. Ils savent le rôle indispensable des associations en matière de développement de la vie rurale, de l’action citoyenne, culturelle et éducative. Ils savent l’importance politique des instances de mutualisation et de représentation que constituent les échelons fédératifs du mouvement. L’histoire des Foyers ruraux ne s’arrêtera donc pas à la RGPP !
C’est donc à l’unanimité que les délégués présents lors de cette Assemblée générale exceptionnelle ont décidé d’intensifier leur mobilisation, de développer des alliances tous azimuts, avec leurs partenaires ruraux, avec les fédérations d’éducation populaire, avec les élus sensibles à ces questions, et enfin avec l’ensemble des citoyens de ce pays. Pour l’avenir du monde rural et de l’éducation populaire.
Contact : Jean-Marie Beurton, président de la FNFR (0679 42 30 35