Suppression des subventions aux projets associatifs ancrés sur les territoires
Par Alain Zarow, lundi 15 décembre 2008 à 17:48 :: Général :: #330 :: rss
Malgré le bel hommage rendu aux acteurs de l'éducation populaire à Batz le 24 juillet dernier par le président de la république, le projet de loi de finance de 2009 inclut la suppression de l'intégralité du soutien au titre du développement rural, soit 340 000 €, la baisse du soutien du ministère de la culture et de la communication, du ministère de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative, ainsi que la suppression du financement du fonds pour la jeunesse et l'éducation populaire (Fonjep) du ministère de l'agriculture et de la pêche.
Au total, les subventions pour l'animation des foyers ruraux seront en baisse de
750 000 €.
Ce désengagement de l'État met gravement en péril les réseaux associatifs
ruraux. Il contredit les orientations affichées de l'État en 2005 dans le
cadre de la loi relative au développement des territoires ruraux.
Le monde rural a besoin d'une politique de développement intégrée, s'appuyant
sur l'ensemble de ses forces vives, et notamment sur le secteur associatif. Les
conséquences de ces arbitrages budgétaires seront désastreuses au niveau
social, économique et pour la cohérence territoriale.
Mme Gisèle Biémouret (députée PS - Gers) attire l'attention de Mme la
ministre de la culture et de la communication sur les conséquences de la réduction
des crédits accordés aux foyers ruraux et associations d'animation et de développement
en milieu rural (FNFR), elle lui demande de bien vouloir prendre en compte les
inquiétudes exprimées en pérennisant l'attribution de crédits alloués afin
de permettre le maintien des actions du réseau des foyers ruraux et des
associations d'animations et de développement rural.
Réponse du ministère publiée au JO le 09/12/2008
Le ministère de la culture et de la communication entend favoriser
l'inscription de politiques durables de démocratisation de la culture et de
transmission des savoirs, en orientant l'action des structures et établissements
qu'il soutient dans l'ensemble du champ culturel.
L'élargissement du public est par ailleurs, pour ce réseau d'organismes répartis
sur tout le territoire, un enjeu majeur. Le ministère développe par ailleurs
un dialogue interministériel nourri avec les ministères en charge de la ville,
de la jeunesse, de l'éducation nationale, de l'intégration et de la justice,
afin que les actions de l'État soient mises en cohérence et qu'elles intègrent
fortement la dimension culturelle, dans une politique gouvernementale concertée.
Cette politique interministérielle permet de dégager les domaines
d'intervention prioritaires, de prendre en compte les expériences locales
exemplaires, de favoriser la constitution de réseaux et de poursuivre la
mobilisation des institutions culturelles, en liaison avec les collectivités
territoriales. Elle articule son action en liaison avec les politiques conduites
par l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances,
afin que la dimension culturelle soit présente dans les contrats urbains de cohésion
sociale.
En ce qui concerne plus particulièrement les fédérations d'éducation
populaire, onze d'entre elles, notamment la Fédération nationale des foyers
ruraux, ont signé une convention triennale d'objectifs avec le ministère de la
culture et de la communication.
Ces conventions triennales permettent de soutenir financièrement les têtes de
réseau et de développer des actions de formation et de sensibilisation à la
culture. Elles s'achèveront à la fin de l'année et la tenue prochaine d'un
conseil national culture et éducation populaire permettra de définir avec ces
fédérations les nouveaux objectifs que nous fixerons ensemble pour une
nouvelle convention 2009-2011.
Enfin, cette année et dans le cadre de l'Année européenne du dialogue
interculturel, le ministère de la culture et de la communication soutiendra de
nombreux projets associatifs ancrés sur les territoires et porteurs de projets
culturels, au titre du dialogue interculturel et du « vivre ensemble ».