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mercredi 6 janvier 2010

"Suppression" de l'histoire-géo: l'enjeu est ailleurs

La Ligue de l’enseignement, au titre des engagements qui ont marqué son histoire, du rôle majeur qu’elle a joué, et joue encore, dans la défense et la promotion d’une Ecole républicaine et démocratique, dans l’apprentissage de la citoyenneté et dans une conception globale de l’éducation, ne saurait être absente du débat actuel sur le lycée. Elle dispose de la légitimité indispensable pour s’exprimer et reconnaître l’importance majeure de l’enrichissement personnel que l’élève retire d’une solide formation historique.

Elle n’en est que plus à l’aise pour affirmer que cette formation n’est en aucune façon menacée par le projet actuel de terminale scientifique : transfert de l’évaluation de l’histoire géographie de la terminale à la première et remplacement de l’enseignement obligatoire à ce niveau par une option de deux heures, qui attirera de nombreux élèves aspirant aux préparations commerciales, même aux sciences politiques, surtout si cette option devient la condition nécessaire à l’admission dans ces filières. Ce passage de l’épreuve de la terminale à la première s’accompagne d’une augmentation substantielle de l’horaire d’enseignement, de deux heures trente à quatre heures à ce niveau. Aucun professeur de lettres ne s’est jamais plaint de voir le français évalué en première. Les élèves de la filière scientifique ont toutes les chances de consacrer plus d’attention à l’histoire géographie en première qu’en terminale où ce domaine se situe, trop souvent en dernière position de leurs préoccupations.

La Ligue de l’Enseignement rappelle que l’absence de ces matières, l’histoire et la géographie (sans parler de la philosophie) en terminale Sciences et Technologies industrielles (STI) comme leur faible part dans les filières professionnelle n’ont jamais suscité aucune émotion ni protestation d’importance de la part de ceux qui, aujourd’hui, s’émeuvent d’un soi-disant « bradage » de « l’élitisme républicain ». Pourtant combien d’élèves de ces filières auraient besoin d’une réflexion sur la société et le monde que souvent leur environnement socio- culturel ne leur donne pas ? Elle subodore que cette indignation sélective traduit, en fait, un comportement de notables soucieux de préserver un privilège. Loin de former un vivier de scientifiques dont la France a un urgent besoin et dont elle manque cruellement, ne s’agirait-il pas plutôt de conserver un lieu sanctuarisé où les «héritiers » disposeraient de toutes les facilités qui s’offrent à eux pour être les seuls à choisir le plus tard possible? Les seuls à accéder aux filières d’excellence hyper sélectives. Peu importe si, en contrepartie, la série littéraire s’effondre et tend à disparaître. Ainsi se perpétueraient et s’accentueraient des inégalités scolaires, sociales et culturelles inacceptables, confortées par la hiérarchie des séries et des filières. C’est ce que nous dénonçons, c’est ce que nous ne pouvons accepter.

Philippe Joutard, historien, ancien recteur et membre du Comité national Education de la Ligue de l’enseignement
Eric Favey, secrétaire général adjoint de la Ligue de l’enseignement

La Ligue de l'enseignement approuve les mesures sur le lycée

Le Conseil supérieur de l'éducation s'est prononcé, jeudi 10 décembre, sur les mesures proposées par le ministre de l'Education nationale pour la réforme du lycée.

La Ligue de l'enseignement considère que les réformes proposées peuvent être des leviers utiles pour la démocratisation du lycée. Elle a donc voté pour le texte en débat. En effet, l'autonomie accrue des établissements, le rééquilibrage des filières, la possibilité de changer d'orientation en classe de première, l'encouragement à la vie lycéenne, l'accent mis sur l'apprentissage des langues étrangères ou encore le développement de l'action culturelle, sont des mesures positives.

La Ligue de l'enseignement s'inquiète toutefois de voir ces pistes rester lettre morte et rappelle que le contexte de l'Education nationale est lourd. L'inquiétude est grande face à la réforme de la formation des enseignants et à la baisse continue de l'investissement de l'Etat pour l'Education et l'Enseignement public.

Conférence de la vie associative: des inquiétudes demeurent...

La 2ème Conférence Nationale de la Vie Associative vient de se tenir. Les échanges et les débats tout au long de cette journée ont démontré l'importance de la place et du rôle des associations d'intérêt général dans notre société. Tous les témoignages, toutes les interventions ont insisté sur la légitimité et la pertinence de la parole associative dans le dialogue civil qui doit nécessairement trouver un cadre plus structuré institutionnellement.

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