La culture n'est pas une variable d'ajustement.

Le Sénat vient de mettre en pièces le texte de réforme des collectivités en rejetant deux de ses dispositions clés : le mode d'élection des conseillers territoriaux et la répartition des compétences.

Sur ce dernier point, les amendements de l'Assemblée avaient déjà permis de réintroduire des dérogations concernant le sport et la culture.

Pourtant, au-delà de cette bataille parlementaire qui dépasse les habituels clivages, c'est la question financière qui risque de placer la culture dans une situation sans précèdent, puisque les crédits d'Etat comme ceux des collectivités ne cessent de baisser.

La négociation qui doit par ailleurs reprendre en mars 2011 sur la convention d'assurance chômage et ses annexes 8 et 10 laisse présager des tensions légitimes sur le statut des intermittents, et des répercussions sur l'ensemble des métiers techniques et artistiques.

La Ligue de l'enseignement entend contribuer à ce débat qui pour sembler technique ou économique, se révèle chaque jour plus idéologique.

Les fonctions devenues régaliennes de conservation du patrimoine, d'équipement de diffusion et de soutien à la création relèvent parfois du saupoudrage; l'éducation artistique et l'action culturelle s'épuisent alors que les actions de réparation ponctuelle se multiplient ; les industries culturelles peinent, et le mécénat fondé sur le crédit d'impôt ne permet pas de projet durable.

Notre pays a besoin d'une politique culturelle accueillante et généreuse, refondée sur la garantie de la participation de tous à la vie artistique et culturelle, sur des politiques publiques et des initiatives concertées, et sur le respect des professionnels de ces secteurs.

Car nous ne pourrons faire société sans faire de la culture un bien commun.

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