Sport et promesses sociales ?
Par Alain Zarow, lundi 19 juillet 2010 à 20:27 :: Sports :: #569 :: rss
"Le sport peut-il tenir ses promesses sociales ?" :
tel est le titre du dossier à découvrir ce
mois-ci sur le site national de la Ligue de l'enseignement.
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vue - Repères - Quizz - Réagissez...
Le sport peut-il tenir ses
promesses sociales ?
Le monde du sport est un miroir grossissant des folies contemporaines,
du corps artificiel animé par la course à la
performance à la rage de vaincre dans un monde en proie
à la compétition
généralisée. Le sport moderne est
né avec la révolution industrielle ; et
les valeurs humanistes prônées par
l’olympisme – et mises en œuvre dans le
monde associatif – ne peuvent effacer l’empreinte
des origines : l’imaginaire de la lutte et de la
conquête, une forme d’élitisme, le culte
de la force.
Aujourd’hui, on demande au sport à la fois trop et pas assez. Trop parce qu’il serait vain d’imaginer qu’il puisse échapper aux tensions qui travaillent la société contemporaine. La violence et les discriminations, le règne de l’argent, l’imaginaire du casino comme modèle de réussite, traversent un univers longtemps représenté à travers les vertus qu’il défend : le mérite, l’effort, le respect des règles.
Pas assez parce qu’on ne peut sous-estimer les avantages d’un monde organisé professionnellement, structuré, dynamisé par des politiques publiques : dans un tel monde il n’y a pas de fatalité sociale, il y a des décisions, une instruction des questions et une capacité à peser sur le réel.
Un exemple peut aider à saisir cet enjeu. On sait que les sportifs issus de l’immigration ou des DOM sont nombreux, notamment dans le haut niveau, mais en revanche un décrochage s’opère dès qu’on passe à la représentation politique ou aux carrières professionnelles. Est-ce une fatalité ? Pas du tout. Car la composition des instances et les politiques de construction des parcours professionnels offrent des possibilités remarquables pour peu qu’on essaie de se pencher sur le sujet. C’est une question de volonté politique ; ou – si l’on veut employer le vocabulaire des pères fondateurs du sport moderne – c’est une question d’exemplarité.
Plutôt que de déplorer ce qui pourrait apparaître comme un dévoiement et n’est autre qu’une rémanence, il faut en saisir les atouts. Oui, le sport contemporain porte en lui l’héritage de différents mondes qui ne sont pas tous exemplaires. Oui, il s’est laissé absorber dans la société du spectacle, dans le monde des marques et des idoles, des joueurs stars qui ont perdu tout contact avec le monde réel.
Mais ce miroir déformant de notre
société, aux élites parfois
grotesques, est aussi l’un des univers les plus
régulés qui soient. Et il est animé
par des acteurs et des organisations porteurs d’une vision du
monde beaucoup plus structurante. C’est une chance
à ne pas laisser passer.