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vendredi 19 mars 2010

De l'abstention à la fracture ?

Un électeur sur deux ne s'est pas rendu aux urnes lors du 1er tour des élections régionales ; un taux dépassant nettement celui du précédent scrutin de 2004.

La défiance des citoyens vis-à-vis de la politique, qui s'exprime régulièrement dans les suffrages, doit être prise plus au sérieux que ne semblent le faire les partis politiques.

Rappelons que les élections européennes de 2009 ont enregistré un record d'abstention. Près de 60%. Dans un tout récent rapport, Jean-Paul Delevoye, médiateur de la République, évoquait une société française « fatiguée psychiquement » en rupture avec son administration. Selon le premier baromètre de la confiance politique du Cevipof réalisé en décembre 2009, 67% des Français n'ont confiance « ni dans le droite ni dans la gauche pour gouverner le pays ». Près de 80% pensent que les responsables politiques ne se préoccupent pas d'eux. Leur confiance dans les institutions locales n'a pas suffit à les mobiliser.

La Ligue de l'enseignement souligne la gravité de cette situation. Certes, la citoyenneté ne se limite pas au vote et la France est riche d'initiatives collectives, certes une part de l'abstention doit être entendue comme une forme d'expression politique, mais nous ne devrions pas nous habituer à l'idée qu'une part non négligeable de nos concitoyens ne jugent plus utile d'aller voter. Nous appelons donc le gouvernement à renouer avec une politique d'incitation au vote et les corps intermédiaires à examiner sérieusement les conditions d'un renouveau civique dans notre pays.

jeudi 18 mars 2010

Le vivre ensemble au coeur des préoccupations

La société française est « fatiguée psychiquement ». C’est le triste constat établi par Jean-Paul Delevoye, médiateur de la République, dans son rapport annuel.

Trajectoires de vie (personnelle et/ou travail) fragmentées, fins de mois difficiles pour 15 millions de Français… la « boîte à outils » de l’Etat est mal adaptée pour répondre à ces problèmes. Jean-Paul Delevoye constate une véritable rupture entre les Français et l’administration : lacune de l’accueil, manque d’information du public, parcours du combattant pour une carte d’identité, réclamations en constante augmentation…

 Dans une société où « le chacun pour soi remplace l’envie de vivre ensemble », le médiateur de la République épingle aussi les responsables politiques : "d'un côté, trop de gestion des émotions collectives, le plus souvent médiatisées, de l'autre, pas assez de construction d'une vision collective".

 La Ligue de l’enseignement s’inquiète des conclusions de ce rapport, qui montre l’absolue nécessité d’associer les citoyens aux décisions collectives. Une société organisée et juste permet de réduire cette angoisse du déclassement et reste une des clés d’un meilleur vivre ensemble, thème cher à notre mouvement. Le Congrès de la Ligue, qui se déroulera à Toulouse fin juin, conclura d’ailleurs 6 ans de réflexion autour de la question « comment faire société ? ».